La nouvelle marguerite Gaumont cueille les critiques

Le célèbre studio cinématographique Gaumont entame un nouveau chapitre de son histoire. La marque vient de présenter une identité visuelle et sonore repensée pour s’adapter aux écrans actuels. Ce changement reflète une volonté de modernité, mais ça ne plait pas.

logo gaumont

Ce projet résulte d’un travail mené avec les agences Publicis Consultants et Carré Noir. La marguerite historique bénéficie d’une interprétation simplifiée et symbolique. Le logo s’inspire de l’éclosion d’une fleur. Dans un mouvement fluide, l’ouverture des pétales révèle une icône centrale : un G affirmé et vibrant. Cette animation évoque l’émergence des histoires ainsi que leur force pour rassembler les spectateurs.

Le logo a été pensé pour s’adapter à de nombreux supports, du grand écran aux applications mobiles. Il existe en formats animés de quelques secondes qui ouvrent désormais les productions de la maison. Jean Philippe Chavatte, président de Carré Noir, explique la démarche :

« À travers cette marguerite, la volonté était de retrouver une élégance à la française, à la fois simple et majestueuse. Son éclosion exprime le point de départ : l’ADN de Gaumont, ancré dans la tradition, que la création réinterprète avec modernité. Dans le mouvement de ses pétales se lit une double dimension : celle d’une fleur qui s’ouvre et celle d’une explosion d’émotions, comme seules les grandes histoires savent en provoquer. De la page blanche naît ainsi un symbole immédiatement reconnaissable.»

Cette identité s’accompagne d’un ensemble de règles visuelles pour assurer la cohérence de la marque. Cela concerne les documents officiels, la communication numérique ou les réseaux sociaux. Un rouge profond incarne cette nouvelle image, rappelant la passion pour le cinéma. La typographie a été dessinée spécifiquement pour mêler lignes sobres et courbes tendues.

L’identité sonore a été composée par Thomas Roussel avec un orchestre. Cette musique solaire débute par quelques notes de piano avant de gagner en intensité avec des textures électroniques et une élévation orchestrale. Thibault Caizergues, partenaire chez Publicis Consultants, précise :

« Accompagner Gaumont dans ce moment charnière, c’est donner une voix à sa nature profondément audacieuse et ouvrir de nouveaux terrains d’expression pour la faire résonner, comme révéler sa nouvelle identité sonore sur le répondeur d’un certain Franck Dubosc par exemple ! »

Malgré ces intentions, le résultat provoque de vives critiques. De nombreux observateurs considèrent ce changement comme un échec. Les commentaires soulignent une ressemblance frappante avec le G de Google.

D’autres internautes comparent l’image à une publicité pour la marque Barilla, où des pâtes sèches forment un motif de feu d’artifice. Cette esthétique jugée trop commune déçoit une partie du public attachée à l’ancienne marguerite

Ces comparaisons moqueuses circulent largement, certains regrettant que l’identité historique de la marguerite se perde.

Les critiques rappellent que la marguerite n’était pas un simple choix marketing, mais un hommage de Léon Gaumont à sa mère, Marguerite Dupanloup. Pour les passionnés, effacer cette fleur historique fait perdre son âme à la marque.

Le lancement officiel aura lieu lors du 79e Festival de Cannes. Le logo apparaîtra en ouverture du film L’Affaire Marie Claire de Lauriane Escaffre et Yvo Muller, ainsi que pour la projection de Viva Maria de Louis Malle. Sidonie Dumas, directrice générale de la société, conclut :

« L’enjeu a été de créer une nouvelle identité à la fois évidente, ouverte, et rayonnante capable d’accompagner la diversité des récits, tout en restant profondément ancrée dans l’histoire. »