Nouveau logo du CHU de Nantes : indignation collective !

Le CHU de Nantes a suscité une vive polémique cet été du fait d’une dépense qualifiée de choquante par de nombreux personnels soignants et observateurs. L’établissement s’est offert une nouvelle identité visuelle, avec un logo, pour un coût total d’environ 185 000 euros.

Logo chu de Nantes

Aux yeux de la direction, ce travail d’identité visuelle réalisé avec l’aide au cabinet spécialisé Saguez & Partners, avait pour but de renforcer l’image de l’hôpital, de mettre en lumière ses valeurs et d’attirer médecins, chercheurs et personnels soignants dans un contexte jugé concurrentiel.

« Le sujet n’est pas de faire beau, surtout sur des sujets de santé publique. Le sujet est avant tout de faire de la marque CHU de Nantes un porte étendard de nos actions ».

Affirmaient en février dans l’édito du « livret de marque » le directeur général du CHU, Philippe El Saïr, et le président de la CME, le Dr Karim Asehnoune.

Pour les syndicats, ces justifications ne tiennent pas face à la réalité quotidienne. Les représentants du personnel ont condamné sans retenue cette dépense, alors même que l’hôpital doit fermer des lits et faire face à un « manque criant de personnel » et à des « conditions de travail dégradées ».

 « Nous avons connu un pic à 350 lits fermés l’an passé. Et ce record est bien parti pour être encore dépassé ces prochains mois. »

Tony Gilbert, délégué FO du CHU.

La CGT a elle aussi critiqué le choix, estimant que cette somme correspondait à l’équivalent de plusieurs mois de salaire d’aides-soignants ou d’infirmiers, ce qui, selon elle, aurait pu être investi dans des besoins plus urgents. Olivier Terrien, membre de la CGT, a regretté ce qu’il a qualifié de “dilapidation” dans un contexte de “disette” de moyens pour l’hôpital public.

La direction du CHU de Nantes revendique pour sa part la volonté de créer une marque afférente dans le but d’accroître l’attractivité de l’établissement « à l’échelle nationale et européenne ». Et à terme, « d’attirer les meilleurs soignants, praticiens et chercheurs » pour compenser son déficit en personnel.

Ce nouveau logo, (avec l’identité visuelle complète…) aurait coûté 185.000 euros de quoi s’offrir au moins une dizaine d’aides-soignants, estiment les syndicats. Pire encore, fin juin, plus d’une centaine de lits étaient fermés faute de personnel.

« La direction est complètement en train de rêver, si elle croit que cela va faciliter le recrutement. Tout cela est pensé à l’envers : le problème n’est pas d’attirer des soignants, mais de garder ceux qui finissent brisés par la souffrance au travail et par l’épuisement.« 

Déplore Tony Gilbert, stupéfait des arguments avancés par le CHU. 

La critique ne se limite pas au seul coût du logo. Dans plusieurs médias et lettres aux autorités, des soignants ont décrit un management inadapté et brutal, qui aurait généré de nombreux arrêts de travail et des départs de professionnels.
Quatre-décès-aux-urgences-du-CHU-de-Nantes

La controverse s’inscrit dans un contexte plus large de crise structurelle de l’hôpital. Aux urgences du CHU de Nantes, les délais d’attente sont parfois très longs, avec des temps de passage bien au-delà de ce qui est supportable pour des patients en détresse. Des syndicats ont dénoncé que plusieurs patients seraient décédés après de longues périodes d’attente, parfois plusieurs dizaines d’heures, avant de pouvoir être transférés ou pris en charge de façon complète.

Les autorités hospitalières reconnaissent que des décès surviennent dans un contexte de saturation, mais elles réfutent certains chiffres avancés selon lesquels plusieurs patients seraient morts sans prise en charge médicale. Elles soulignent que ces décès surviennent dans un contexte d’activité très soutenue et que chaque cas fait l’objet d’une prise en charge dès l’arrivée.

De plus, un tweet affirme que le nouveau logo du CHU de Nantes ressemble fortement à d’autres visuels existants, suggérant un plagiat plutôt qu’une création originale.

Cette dénonciation publiée sur 𝕏 par @KnwldgMedia, plusieurs internautes estiment que le design du logo n’est pas unique et reprend des éléments déjà utilisés ailleurs, ce qui alimente encore plus l’indignation générale autour de cette dépense jugée inutile en pleine crise hospitalière. 

Ces publications, qui n’ont à ce stade fait l’objet d’aucune réponse publique de la direction du CHU, viennent renforcer la colère et l’incompréhension autour de cette nouvelle identité visuelle financée par des fonds publics, dans un contexte hospitalier déjà très dégradé.

Logo CHU Nantes analyse

Et comme si tout cela ne suffisait pas, la police de caractère « Uniform », déjà existante, utilisée pour ce logo n’a même pas été personnalisée (modifiée) pour être en totale équilibre avec les éléments du logo. Résultat, des alignements approximatifs et une incohérence visuelle évidente pour un œil averti, le tout pour une facture de 185 000 euros !