L'énorme tollé pour le nouveau logo de l'OM, et ces autres clubs entre fiascos et réussites

L’officialisation du nouveau logo de l’OM, qui avait fuité en septembre 2025, vient confirmer et alourdir les déceptions. Ce qui devait être une évolution majeure pour le club a généré une colère noire chez les supporters marseillais.

L'énorme tollé pour le nouveau logo de l'OM, et ces autres clubs entre fiascos et réussites

La direction de l’OM justifie ce tournant (22 ans après le logo Bouchet) par une volonté de modernisation. Le site officiel présente cette refonte comme un moyen de renforcer l’impact visuel de la marque tout en conservant les racines historiques. Les éléments de langage évoquent une identité plus épurée, centrée sur le symbole iconique et le slogan « Droit au But »… qui a pourtant disparu, tout comme l’étoile, des versions destinées aux supports numériques. L’objectif affiché : adapter l’image du club aux exigences du marketing international et aux photos de profil rondes des réseaux sociaux.

« Notre nouveau logo modernise notre emblème iconique tout en honorant son histoire. Une structure géométrique claire qui apporte force et lisibilité, alors que le ‘M’ se déploie librement … »

Pouvons-nous lire sur le site officiel de l’OM.

Ce projet est signé par Flair Creative Studio. Les fondateurs, Quentin FEVRE, ancien graphiste de l’OM, et Dylan ROASAIN-BACH, ancien directeur artistique du club, ont donc étés à la création de ce nouveau logo. Leur connaissance des codes du club, devait, en théorie, garantir un respect total de l’institution. Pourtant, ce pedigree ne semble pas suffit à apaiser les colères.

« Une nouvelle identité inspirée par et designée pour Le Peuple Bleu et Blanc, créant un langage qui connectera les supporters partout dans le monde… »

Mais les supporters n’ont pas été consultés et n’ont pas voté. Et c’est bien là que le bât blesse chez les fans, qui ne se reconnaissent pas dans ce logo.

Un rejet massif et immédiat

L’accueil réservé à cette version est glacial. Depuis la fuite, l’immense majorité des supporters manifeste son hostilité.

Ce désamour s’amplifie depuis l’officialisation. La déception est d’autant plus grande que beaucoup de fans espéraient une prise en compte des critiques formulées lors de la fuite l’année dernière. Il s’avère finalement qu’aucune modification notable n’a été apportée. Le sentiment d’un manque total de considération domine, car aucune consultation n’a eu lieu avant, pendant ou après le processus de création.

Depuis, les moqueries pleuvent et les détournements s’enchaînent. On retrouve exactement les mêmes critiques qu’en septembre 2025. Les supporters adverses (et même ceux de l’OM) s’en donnent à cœur joie et les comparaisons font mal : pour beaucoup, ce logo ressemble plus à celui de WordPress, de l’Inter Milan ou même de Volkswagen. Jérôme Alonzo, ancien gardien de l’OM (95/97) confirme cette critique qui revient le plus depuis la fuite :

Même le compte français officiel de Volkswagen y est allé de son troll, reprenant la devise de l’OM :

Màj 10/04 : Contre Metz, les supporters ont passé des messages crus et sans équivoque, dans les tribunes du Vélodrome :

Pourtant dans les bureaux de la Commanderie, le logo est parfaitement assumé :

« Ce logo est l’aboutissement d’un travail de 24 mois. Le club continue d’évoluer. On a parlé du siège social, des infrastructures, du stade, du sportif… Ce logo nous permet de continuer d’évoluer. On est à un moment où on a de moins en moins de droits TV. Aujourd’hui, un de nos atouts les plus importants, c’est notre marque. L’étoile et le « Droit au But » seront toujours présents sur les tenues de matches, les maillots, la gamme training. Les enlever du logo permet de donner un peu plus de lisibilité… »

Alban Juster – président du directoire de à BFM

Avant Marseille, des clubs comme Nantes, Reims, Metz… ont aussi fâché leurs supporters avec la perte de véritable blason, pour du logo minimaliste. Car si la Juve a lancé cette mode, de nombreux clubs français ont refusé de sacrifier leur identité sur l’autel du marketing.

Logos minimalistes

Paris, Toulouse, Lille ou encore Saint-Étienne ont su évoluer sans renier leurs racines. En conservant l’esprit du blason ou du fanion, ces clubs ont prouvé qu’il est possible de se moderniser tout en respectant l’histoire et l’attachement des supporters.

Logos blasons

Nice, qui a réussi son changement pour lancer une nouvelle ère avec l’inauguration de l’Allianz Riviera ou Nîmes, qui a réagi après un logo fortement rejeté… prouvent que certains clubs finissent par écouter leurs supporters.

Logo Nîmes et Nice

Plusieurs institutions ont choisi de faire machine arrière pour retrouver leur identité visuelle.

Le retour aux sources comme solution

Face à la colère des tribunes, certains dirigeants de clubs ont fini par comprendre qu’un logo n’est pas un simple outil marketing, mais un morceau d’histoire.

L’Ajax Amsterdam : Le 18 mars 2025, pour célébrer ses 125 ans, le club néerlandais a officialisé le retour définitif de son logo classique (celui utilisé entre 1928 et 1991) pour la saison 2025-2026. Les fans n’avaient jamais accepté la version simplifiée et réclamaient le retour du dessin détaillé du héros de la mythologie grecque. 

« Nous savons que la majorité de nos fans chérissent ce souhait depuis des années et nous avons pensé que notre 125e anniversaire était le moment idéal pour redonner le logo classique à nos fans et à nous-mêmes. »

 
L’Atlético de Madrid : Le 1er juillet 2024, l’ancien écusson a repris sa place officielle. Ce changement radical fait suite à un vote massif des socios en juin 2023, où près de 88 % des 78 000 votants ont exigé la suppression du logo « moderne » installé en 2017. Le club a dû admettre que l’identité appartient aux supporters.
« L’ancien écusson redeviendra l’écusson officiel de notre club. Il s’agit d’un processus complexe, massif et coûteux, mais dans lequel le conseil d’administration s’est engagé »

Les Girondins de Bordeaux : Dès 2021, suite au départ de l’actionnaire King Street, Gérard Lopez a immédiatement rétabli le blason historique avec le scapulaire et le nom complet, avec une forte déclaration. La version précédente, qui mettait en avant le mot « Bordeaux » pour séduire les touristes, était devenue le symbole d’une direction totalement déconnectée de la ville.

« Faites bien attention à ce que je dis. On ne va pas revenir à l’ancien logo, on va revenir au logo des Girondins de Bordeaux. À partir de là, je pense qu’on a tout dit. Je sais qu’il y a des contraintes techniques sur certains maillots mais à partir de là, dès maintenant, on va revenir partout où on pourra à ce que doit être le logo des Girondins de Bordeaux. »

Leeds United : En janvier 2018, le club anglais a vécu un fiasco monumental. Le nouveau logo représentait un supporter faisant le « salut de Leeds », mais le design a déclenché une moquerie planétaire. Une pétition a réuni plus de 50 000 signatures en quelques heures seulement. Face à ce désastre d’image, les dirigeants ont enterré le projet en quelques jours pour conserver l’écusson actuel.

Logos retour

Si certains clubs ont choisi de reculer pour apaiser les tensions, l’OM semble bien décidé à maintenir son cap. La direction marseillaise (qui va changer dans quelques semaines) paraît déterminée à installer durablement cette nouvelle image, sans envisager de retour en arrière, privilégiant ainsi sa stratégie globale à la contestation actuelle.